Capgemini met en vente sa filiale travaillant pour la police de l’immigration américaine, l’ICE

Le directeur général de Capgemini affirmait avoir découvert « par des sources publiques » l’existence de ce contrat de 4,8 millions de dollars conclu par une filiale du groupe spécialisée depuis quinze ans dans les services au gouvernement fédéral américain.

Le géant français de l’informatique Capgemini a décidé de vendre sa filiale travaillant pour la police américaine de l’immigration, l’ICE, après le tumulte provoqué par la révélation d’un contrat fournissant un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères. « Capgemini va mettre en vente sa filiale Capgemini Government Solutions », a annoncé le groupe, dimanche 1er février, dans un communiqué.

« Le processus de cession de cette entité, qui représente 0,4 % du chiffre d’affaires estimé du groupe en 2025 (moins de 2 % de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis), sera initié immédiatement »

Selon des informations de l’association l’Observatoire des multinationales publiées la semaine dernière et développées par France 2, Capgemini a notamment fourni à l’ICE un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères, alors que cette police fédérale est mobilisée par le président américain Donald Trump dans une vaste campagne anti-immigration.

Conseil d’administration extraordinaire

Un conseil d’administration extraordinaire de Capgemini avait été convoqué ce week-end. Dans un message interne envoyé aux salariés, le groupe avait précisé que le contrat litigieux, attribué en décembre, « faisait l’objet d’un recours ».

Dimanche, Capgemini a déclaré avoir « estimé que les contraintes légales habituelles imposées aux Etats-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale, afin d’assurer un alignement avec les objectifs du groupe ».

Plusieurs syndicats ont déclaré à l’Agence France-Presse leur soulagement après l’annonce de cette « voie de sortie ». Pour la CFTC, Louis Duvaux a cependant souligné que « le système de contrôle interne n’avait pas marché » et qu’il allait falloir y remédier. Frédéric Boloré, délégué syndical central CFDT du groupe, a espéré voir « l’éthique » davantage promue.

Le directeur général de Capgemini, Aiman Ezzat, s’était exprimé le 25 janvier dans un message publié sur LinkedIn. Il expliquait avoir découvert « par des sources publiques » l’existence de ce contrat conclu par une filiale du groupe spécialisée depuis quinze ans dans les services au gouvernement fédéral américain. Selon le dirigeant, cette filiale, soumise à la législation américaine, « prend les décisions de manière autonome, dispose de réseaux étanches, et (…) le groupe Capgemini est dans l’impossibilité d’accéder à toute information classifiée, à des contrats classifiés ».

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