La plate-forme cloud du géant américain a subi une panne ce lundi matin, mettant à l’arrêt de nombreux services en ligne.
Plus de scroll ou d’envoi de photos possibles et une application qui tourne dans le vide. Une litanie de sites Internet, de réseaux sociaux et de services numériques patinait ce lundi matin à cause d’une panne mondiale touchant Amazon Web Services (AWS) plate-forme cloud du géant de Seattle. La crise a finalement été résolue mais n’est pas passée inaperçue tant de nombreux acteurs du web en dépendent.
Le site de réservation de logements Airbnb, les réseaux sociaux Instagram et Snapchat, la plate-forme de vente de jeux Steam ou encore les jeux vidéo en ligne Fortnite, Roblox et Brawl Stars ont été affectés pendant plusieurs heures. Filiale d’Amazon, AWS est une plate-forme d’informatique à distance (cloud) qui fournit aux entreprises des services à la demande comme le stockage, les bases de données ou l’intelligence artificielle (IA).
C’est son service DynamoDB qui s’est retrouvé en panne. « Cette base de données est au cœur d’une application pour assurer son bon fonctionnement avec à la fois le stockage des données comme leur orchestration », explique Sébastien Lescop, directeur général de Cloud Temple, service de cloud souverain. « Si la donnée devient inaccessible auprès de cette entreprise qui concentre un tiers du cloud mondial, cela fige tout le système. »
Un recours au cloud ultra-concentré
« Ils ont d’abord développé leur service de cloud pour le service de livraison avant de vendre leur savoir-faire à des clients premium, ce sont les numéros 1 mondiaux devant Microsoft et Google avec une activité très rentable », appuie Louis Blanchot, PDG d’ETIX, le leader français des data centers de proximité. Incontournable donc, Amazon a développé une expertise pour ses infrastructures de cloud afin de parer à toute défaillance.
« Ils hébergent des services critiques de leurs clients, c’est une panne très très rare car ils ont créé un système complet de redondance », s’étonne Louis Blanchot d’ETIX. « Ils recopient à l’identique les infrastructures et les capacités de stockage dans trois sites différents distants de 10 à 20 km pour éviter qu’une panne paralyse tout et qu’il y ait toujours un data center pour prendre le relais », souligne-t-il.
Les répercussions dépassent les clients d’AWS avec un effet domino. « C’est comme si un quartier du Web s’éteignait d’un coup, privé d’électricité, avec des effets collatéraux car certaines entreprises utilisent ce service de manière consciente ou non à travers leurs fournisseurs », pointe Sébastien Lescop de Cloud Temple.
Comme une piqûre de rappel pour Adrien Merveille, expert cyber de Check Point Software : « une panne ou une cyberattaque sur l’un des maillons de la chaîne d’approvisionnement entraîne une perturbation de toute la chaîne car les services en ligne sont fortement dépendants de quelques fournisseurs »
Les causes ? « Ils ont un niveau de résilience élevé donc il y a peu de chances que cela soit technique comme une panne d’électricité ou une défaillance de fibre », avance Louis Blanchot d’ETIX. Souvent au cœur des pannes massives comme chez Meta, la piste d’une erreur humaine avec une mise à jour ratée semble la piste la plus solide.
« Cela va se reproduire et arriver à d’autres fournisseurs de cloud car les cyberattaques augmentent aussi plus vite que nos capacités à se défendre », prédit Sébastien Lescop de Cloud Temple.
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