Conserver son smartphone le plus longtemps possible est souvent perçu comme un choix raisonnable, à la fois économique et écologique.
Pourtant, derrière cette logique vertueuse se cache une réalité bien moins visible : celle du support logiciel. Sur Android, la fragmentation des versions du système continue de poser question, et expose aujourd’hui une part massive du parc mondial à des failles de sécurité connues…
Un tiers des smartphones Android tournent sur des versions dépassées
Les derniers chiffres de StatCounter dressent un constat peu rassurant, où plus de 30% des smartphones Android actifs fonctionnent encore sous Android 13 ou une version antérieure. Rapporté à l’échelle mondiale, cela représente environ un milliard d’appareils toujours en circulation.
Et si utiliser une version plus ancienne d’Android n’a rien d’anormal, le problème survient lorsque ces terminaux ne peuvent plus recevoir les mises à jour de sécurité tous les mois. Google a par exemple cessé le support d’Android 12 au printemps dernier, laissant des millions de smartphones sans correctifs face à des vulnérabilités pourtant bien identifiées.
Ces appareils deviennent alors des cibles privilégiées pour les cybercriminels, capables d’exploiter des failles documentées pour dérober des données personnelles, des identifiants ou même des informations bancaires, souvent sans que l’utilisateur ne s’en aperçoive.
Contrairement aux mises à jour majeures, les correctifs de sécurité passent généralement inaperçus, sans ajouter de nouvelles fonctionnalités, mais en colmatant des brèches. Par exemple, le patch de décembre publié par Google a par exemple corrigé 107 vulnérabilités, certaines déjà activement exploitées.
Le Global Mobile Threat Report 2026 de Zimperium souligne d’ailleurs que l’absence de ces correctifs accroît fortement l’exposition aux exploits mobiles. Plus largement, le rapport estime que plus de la moitié des smartphones dans le monde, toutes plateformes confondues, reposent sur des systèmes devenus obsolètes.
Un téléphone peut donc sembler parfaitement fonctionnel au quotidien, tout en étant fragilisé sur le plan logiciel. C’est précisément ce décalage entre usage perçu et réalité technique qui rend la situation délicate…
Des politiques de support plus longues, mais un dilemme pour les utilisateurs…
Derrière cette inquiétude, les pratiques évoluent, car là où deux ou trois ans de mises à jour étaient la norme, certains constructeurs proposent désormais jusqu’à sept ans de support, notamment chez Google et Samsung.
Cette évolution permet d’allonger réellement la durée de vie d’un smartphone, à condition d’opter pour un modèle relativement récent. Pour les autres, la question reste entière : faut-il remplacer un appareil qui fonctionne encore ?


